En mode économie d’énergie

Je me suis faite discrète, ces dernières semaines…

J’ai beau savoir que l’activité de freelance, c’est un peu tout ou rien, soit on croule sous le travail, soit il ne se passe rien du tout, ça me déstabilise toujours un peu. Et le début du mois d’octobre a été bien vide… avant que tout ne se précipite, et que je ne vois pas le temps passer depuis un peu plus de 3 semaines. Trois semaines que j’ai passées un peu sous l’eau, prenant tout ce que je pouvais prendre, par peur de manquer. Même si j’ai su refuser des projets !

Depuis environ un an et demi que je suis à mon compte, ce n’est pas ma première période chargée, et je crois que la plus grande leçon que j’en ai retirée, c’est de faire en sorte de me préserver.

En fait, c’est faux. À la rentrée 2008, déjà, j’ai pris une grande décision. J’étais au chômage, fermement décidée à ne pas poursuivre ma carrière dans les RH, mais dans le flou total quant à ce que je voulais faire. Vous imaginez que le moral n’était pas terrible… Et les infos ne parlaient que faillite de banques, crise planétaire, bref, ça donnait envie de se jeter dans le lac (d’Annecy, of course) ou au mieux de rester sous la couette. Alors, j’ai pris la décision de me libérer des infos. Je n’ai jamais été bien accro, donc ça ne me coûtait pas tellement, mais il m’a fallu un moment pour apprendre à réagir et à changer de chaîne quand je me laissais embarquer par ces tristes sires. (Ma mère a toujours vécu avec la télé en bruit de fond, un jour, j’essaierai de me défaire de cette manie qu’elle m’a communiquée et de carrément éteindre la télé quand ce que je vois ne me plait pas).

Et du moment où je n’ai plus eu « que » mes propres histoires à gérer, ça a été plus facile. À l’heure où l’on parle d’obésité de l’information, je me fais souvent rattraper, mais j’ai plus facilement le réflexe de m’en détourner quand je sens que ça m’use et que ça ne m’apporte rien. Et vous savez quoi ? C’est souvent beaucoup plus usant qu’enrichissant.

Ce qui m’amène aux réseaux sociaux. Je vis un peu une relation amour-haine avec eux, parce que j’ai vite fait de céder à l’addiction, et le smartphone au bout des doigts, la tentation est souvent grande (même si ça va mieux depuis que mon smartphone et moi faisons chambre à part). Et je n’aime pas me sentir accro (à part à mes mecs, mais je pense que c’est une saine addiction).

J’aime beaucoup Twitter, mais je trouve que ça demande une sacrée énergie : j’ai envie de suivre tout le monde et je pourrais passer mes jours et mes nuits à actualiser mon fil. J’ai eu des périodes comme ça, d’ailleurs, avec le même effet que les infos : j’avais l’impression que ça consumait toute mon énergie. Aujourd’hui, c’est la première chose qui passe à la trappe quand mes semaines sont chargées, même s’il y a des petits rayons de soleil qui me manquent…

Je suis surtout accro à Facebook. Depuis que je me suis inscrite, je crois que je ne m’étais jamais éloignée même quelques jours sans y être contrainte et forcée (comprenez sans accès Internet). J’ai changé mon statut en « mariée » le lendemain de mon mariage, et je n’ai pas attendu d’avoir quitté la maternité pour annoncer le prénom de mon fiston. Oui, je sais, c’est moche. Je n’ai pas vraiment de mal à ne pas me connecter dans la journée quand j’ai beaucoup de travail, mais le soir, j’ai envie de tout rattraper, et le matin, c’est une des premières choses que je fais.

Ouf, ça fait du bien de vous l’avouer :)

Et puis il y a eu un soir, un mardi, où ça m’a semblé trop. Je n’ai pas eu envie. Et le reste de la semaine s’annonçait tout aussi chargé. J’ai décidé que jusqu’au dimanche, je n’irai pas voir si j’y étais. D’ailleurs, n’y étant pas, il ne s’est pas passé grand-chose. On est vite oublié, sur les réseaux sociaux. Vous avez remarqué ? C’est quand vous communiquez que vous êtes bombardé de notifications.

Ça ne m’a pas manqué. Quand je me suis reconnectée, je n’ai pas cherché à trop remonter, et c’était très bien comme ça. Est-ce que ça va durer ? Je ne sais pas. En tous cas, depuis début novembre, j’ai pris un peu de distance, et je me sens bien comme ça.

C’est assez drôle, en me connectant dans la journée, aujourd’hui pour la première fois depuis un moment, je suis tombée sur cet article de Nicolas Pène, qui dresse le bilan de son défi « une semaine sans réseaux sociaux ». Il l’avait évoqué sur les réseaux à peu près au moment où je me suis mise à la diète… Sauf qu’à ce moment-là, je m’étais fait la réflexion que je n’en serais pas capable.

Et ce n’est pas parce que je ne vous écris pas que je ne pense pas à vous !

 

Crédit photo Simon Howden via Free Digital Photos

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6 réflexions sur “En mode économie d’énergie

  1. Comme tu as raison ! J’ai moi aussi laissé de côté les réseaux sociaux un certain temps cet été (emploi du temps trop chargé, déménagement, connexion internet aléatoire) et effectivement, même si ça manque un peu, ça permet de se recentrer sur les priorités et de se rendre compte qu’on n’a pas besoin de passer autant de temps dessus !

    J’ai eu moi aussi cette angoisse de « manquer quelque chose ». Et j’ai effectivement manqué des choses ! Mais finalement une sorte de sélection naturelle s’opère : les infos vraiment importantes ou qui t’intéressent particulièrement, tu finiras bien par les avoir. Les autres, ma foi… tant pis ! (Pour la petite histoire, le lancement de ton blog fait partie des choses que j’ai manquées – à regret – mais une fois de retour, j’ai pu rattraper mon retard !). Sortir du côté « instantané » permet de prendre du recul et de choisir ce qu’on veut lire, sans ce faux sentiment d’urgence qui nous entraîne vers une boulimie d’informations pas toujours utiles.

    C’est un peu pareil avec la télé, finalement. Une fois qu’elle est allumée, on se laisse happer par la facilité et par ce sentiment d’urgence et cette peur de manquer quelque chose. Les émissions s’enchaînent et on reste devant, un peu par réflexe, comme quand on clique sur le lien d’un énième article de blog ou que l’on se connecte à Facebook presque sans y réfléchir (je ne juge pas, je plaide coupable aussi !) Pendant quelques années, ma télé aussi tournait en bruit de fond. J’ai résolu la question de façon un peu radicale : je n’ai plus de télé depuis 2 ans ½. J’apprécie énormément de choisir les programmes que je regarde (en replay par exemple), j’ai fait le tri et il y a plein d’émissions que je ne regarde plus. Et pourtant je sais très bien que si j’avais de nouveau une télé, je risquerais de reprendre mes mauvaises habitudes ! C’est fou non ?

    Merci pour le lien, j’ai trouvé l’article très pertinent. C’est vraiment impressionnant, le phénomène de cercle vicieux de l’interaction qu’il décrit : plus on interagit, plus on reçoit de notifications, et quand on arrête de communiquer, le phénomène s’arrête aussi. Je crois qu’on fait ça parce qu’inconsciemment c’est valorisant pour notre ego, ça permet de se sentir exister, voire de se sentir indispensable. Quand on en sort, on met entre parenthèses nos relations virtuelles… les relations réelles, elles, sont toujours là !

    • Merci pour ce long (et adorable !) commentaire, Jeanne :)
      Tu décris bien le phénomène, je n’y avais jamais pensé ainsi, mais c’est exactement ça : de blogs en réseaux sociaux, on zappe comme on zappe à la télé…
      Mais autant je serais prête à laisser tomber ma télé (que j’utilise plutôt pour le replay en semaine, avant de me faire bêtement avoir le week-end), à rester chez moi toute la journée, je pense que je ne pourrais pas laisser tomber définitivement toutes ces relations virtuelles qui se lient par le biais des réseaux sociaux… On fait aussi de jolies rencontres, non ? ;)

  2. Bonjour Eva,

    Tout d’abord merci pour la mention, c’est très sympa. :-)

    Je suis heureux de voir que je ne suis pas le seul à entretenir un tel rapport avec les réseaux sociaux. Je pense que, comme pour moi, le break a due également te donner l’impression d’être au calme, presque en vacances. Loin des perturbations de ce monde. ;-)

    Enfin, pour la sur-consomation d’informations, tout comme toi, j’ai également coupé court il y a quelques années et… ça fait un bien fou. Il est clair que les nouvelles (souvent négatives) influent énormément sur notre moral. Nos vies sont déjà suffisamment chargées émotionnellement du coup, pourquoi en rajouter.

    • Mais avec plaisir Nicolas :)
      Oui, c’est clairement une forme de « vacances ». Quand je commence à avoir l’impression que ma présence sur le Net est un vrai boulot, une obligation (ce qu’elle est aussi, ceci dit), quand il n’y a plus le plaisir, je sais qu’il est temps de m’accorder quelques jours de vacances…

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