C’est ce moment de l’année. Celui que je préfère.
Celui des premiers rayons de soleil. Celui des premiers bourgeons.
Celui où je sors de ma longue léthargie hivernale et où je me sens revivre.
Cette année, je trouve ces rayons de soleil particulièrement salvateurs. L’hiver a été long, si long… Un long tunnel sombre.
Et maintenant que le soleil semble me rendre mes esprits, un mot m’interroge :
Burnout
Je ne suis pas une psy du travail, et je ne sais pas comment le quantifier, ni même s’il le faudrait. Je ne sais pas si c’est juste un effet de mode, et si je devrais « juste » parler d’épuisement et d’abattement. Toujours est-il que j’ai clairement conscience d’avoir trop tiré sur la corde.
Symptômes ?
- Une sensation d’épuisement, de ne jamais avoir connu autre chose que cette fatigue, et que jamais, au grand jamais, on n’en sortira (ce n’est certainement pas un hasard si le seul billet que j’ai pu m’extirper en 2 mois traite du sommeil).
- Un manque de goût, d’envie, à part peut-être pour la couette et la position fœtale. Bye-bye la motivation et le bel enthousiasme du début d’année, ciao le bel esprit créatif.
- Une absence totale de confiance en soi et un syndrome de l’imposteur. Tout est trop grand, trop loin, trop fort, inatteignable.
- L’envie de ne voir personne, de ne parler à personne. Vivre seule dans une caverne, ce serait l’idéal.
- Stress, anxiété, poids dans la poitrine. Tout le temps. Pour un rien.
Maintenant, rétablissons quelques vérités (toujours bonne à lire) :
- Ça ne signifie absolument pas que l’on est nul et bon à rien. C’est juste une impression, et elle va passer.
- Le corps et l’esprit envoient un signal puissant : il est temps de s’occuper un peu de soi. Ça n’a rien d’égoïste, c’est salutaire. Le burnout, c’est aussi apprendre ça à la dure. On ne peut pas s’occuper des autres si on ne s’occupe pas d’abord de soi. Vous vous rappelez cette consigne de sécurité dans l’avion ? Il faut toujours enfiler un masque à oxygène avant d’aider les autres à enfiler le leur. J’ai mis longtemps à comprendre que ce n’était pas égoïste… Simplement, si je tourne de l’œil à cause du manque d’oxygène, je ne pourrai aider personne.
- Cette sensation terrible va être bénéfique. C’est le moment de repenser ses priorités, de se recentrer sur l’essentiel. Histoire de couper le feu et de prévenir les futurs incendies.
Ce qu’on va commencer par faire :
- Prendre le temps. Société du tout, tout de suite, je te hais. Je sais qu’il est quasiment impossible de tout arrêter, de tout laisser en plan. Ralentir, par contre, est essentiel pour se préserver et récupérer. Et il faut prendre le temps qu’il faut : c’est investir pour l’avenir.
- Aller se coucher avec les poules, et tant qu’on y est, goûter à la sieste.
- Demander de l’aide : si l’on ne se décharge pas de dossiers, dans la mesure du possible, on n’en accepte pas d’autres. On trouve quelqu’un pour aider au ménage (Messieurs, à vos gants en caoutchouc). On confie les enfants à Monsieur, à ses parents, à une copine, le temps de s’offrir un café en terrasse, un ciné ou, soyons folle, un massage.
- Parce que vous, je ne sais pas, mais moi, le toucher me requinque… Et si je ne peux pas me permettre de m’offrir un massage par un pro, des câlins avec chéri, le fiston, les ami(e)s, le chien, le chat, ou même le vieux doudou de mon enfance, et ça va déjà mieux.
- On sort sa bouteille d’huile essentielle de lavande : à respirer, pour se masser (ou les deux : une goutte au creux du poignet, on frotte l’autre poignet, on respire), dans le bain… Ça sent les vacances et le soleil, et du point de vue aromathérapie, c’est la panacée à presque tous les maux.
- Quand j’avais des moyens, mais pas de temps (ni d’enfant), je m’offrais une heure de vacances en me faisant masser en institut. Je n’en ai plus forcément les moyens, mais je me programme un soin de shiatsu avec une professionnelle de la médecine chinoise tous les 2 ou 3 mois, et je prends une journée de « travail buissonnier » qui me redonne de l’énergie pour mieux repartir. Un bon investissement.
- Vous habitez près de la mer ou dans une région thermale ? Profitez-en.
- On sort les crayons de couleur, les aiguilles à tricoter, les œufs et la farine, son carnet et son stylo préféré (et pourquoi pas tout ça en même temps… vous me raconterez), et on passe un moment avec son cerveau droit, le créatif, le pas raisonnable, celui qu’on étouffe.
- On fait une coupure. Même courte. Un ciné, une sortie entre copines, un moment de lecture sur un banc au soleil à l’heure du déjeuner… loin du boulot, loin de la maison, loin des obligations.
Et vous, qu’en trop c’est trop, comment prenez-vous le taureau par les cornes ?

Crédits photos : bpmm et Jimmy Legrand sur Flickr.







